Pour un nouveau contrat de parenté

  dans Articles

Au crépuscule de la préhistoire, il y a à peine 50.000 ans, notre espèce Homo sapiens s’étend sur toute la planète et féconde une diversité

Au crépuscule de la préhistoire, il y a à peine 50.000 ans, notre espèce Homo sapiens s’étend sur toute la planète et féconde une diversité fascinante de morphologies, de langues, de cultures, mais aussi de systèmes sociaux, de parentés et de filiations. Pour les tenants de l’évolutionnisme culturel, le degré de civilisation se mesure à l’éloignement de l’état de nature, et la société et la famille occidentales, qu’ils placent au sommet de l’échelle, constituent à leurs yeux l’aboutissement de ce long processus d’évolution. Cette conception aussi erronée qu’idéologique n’a toutefois pas empêché certains opposants au « mariage pour tous » de se revendiquer au contraire des origines ancestrales de ce modèle familial. De quoi y perdre son Darwin et son Lévi-Strauss !

La vérité est que nos sociétés se trouvent bousculées par des changements affectant leurs aspects les plus fondamentaux : la procréation, la parenté, la filiation. La filiation est la transmission de la parenté et appartient au domaine de la règle et du droit. Dans les débats actuels, les anthropologues et les sociologues ne savent pas vers quelles familles et sociétés nous allons. En fait, la comparaison entre les sociétés humaines actuelles et celles du passé fait ressortir une étonnante diversité de modèles qu’il n’est pas facile de classer. Les sociétés occidentales privilégient une identité forte entre « liens de sang  » et filiation. L’évolution récente du droit de la filiation, en éliminant les différences de statut entre les enfants légitimes, naturels et adultérins, s’est même de plus en plus appuyée sur la parenté génétique, les fameux « liens du sang ». Voilà comment une diversité de traditions anthropologiques, qui installaient l’enfant dans un référentiel symbolique ne reproduisant que plus ou moins fidèlement la parenté biologique, se voit ébranlée par le primat du biologique. Il devient urgent, par-delà le droit, de développer une réflexion anthropologique sur le concept de « parentalité » : repenser le « droit naturel du gène » pour définir un nouveau « contrat de parenté « .

Source : http://www.lesechos.fr/10/02/2014/LesEchos/21623-043-ECH_pour-un-nouveau-contrat-de-parente.htm

@dm1nPour un nouveau contrat de parenté