Le paléoanthropologue l’ostéopathie et l’évolution

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Définition : Qu’est-ce qu’un paléoanthropologue ? C’est avant tout un ostéopathe au sens le plus littéral et primitif de ce terme en raison de sa quête obsessionnelle de vieux os ; un psychopathe des temps anciens.

Définition : Qu’est-ce qu’un paléoanthropologue ? C’est avant tout un ostéopathe au sens le plus littéral et primitif de ce terme en raison de sa quête obsessionnelle de vieux os ; un psychopathe des temps anciens.

Résumé : La paléoanthropologie et l’ostéopathie apparaissent indépendamment à la fin du XIXe siècle. A part l’os en commun, la comparaison de l’évolution des deux domaines dégage des problématiques épistémologiques et conceptuelles similaires, notamment en ce qui concerne l’individu dans son double rapport à l’histoire de son espèce (phylogénèse) et de son histoire personnelle (ontogenèse). Toute tentative de comprendre la signification adaptative d’un os – ou tout autre structure – comme toute action thérapeutique doit s’articuler entre ce que les évolutionnistes appellent les causes ultimes et les sauces proximales. Les premières donnent une explication sur l’état des choses issu d’une situation antérieure; les secondes sur les façons d’agir dans la situation présente. Et cela n’a rien d’évident, comme en témoigne l’opposition entre la psychanalyse classique qui recherche les causes ultimes sans se préoccuper de la guérison tandis que les TCC agissent sur les causes proximales, mais sans s’intéresser aux causes ultimes. Beaucoup de controverses et d’incompréhensions entre, d’un côté, les sciences de l’évolution et les pratiques thérapeutiques et, de l’autre, une partie de la médecine proviennent de confusions entre ces deux types de causes.

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L’ostéopathie émerge à la fin du XIX siècle et sans aucun rapport avec l’apparition de la préhistoire et de la paléoanthroplogie. Mais après la mort de Charles Darwin en 1882, tout un faisceau de nouvelles sciences ou approches thérapeutiques voient le jour dans un contexte où le progrès des sociétés est animé par l’idée d’évolution de la nature et, surtout, des techniques. La découverte des rayons X permet, par exemple, de mettre en évidence l’adaptation biomécanique de l’orientation des trabécules de l’os spongieux, d’abord dans une conception idéaliste (loi de Wolff), puis dans une perspective plus adaptative et fonctionnelle (loi de Roux). Depuis, la morphologie évolutionniste a permis d’élucider l’évolution des systèmes musculo-squelettiques grâce aux avancées conceptuelles des théories de l’évolution. Car rien n’a de sens dans la vie hors des théories de l’évolution.

La modeste ambition de cet article se nourrit des interventions de mes collègues lors de la journée d’étude organisée par la FOO à Rennes. Il est apparu, de mon point de vue, qu’il existait beaucoup de similitudes entre les problématiques des théories de l’évolution et celle de l’ostéopathie, les meilleures et les pires. Du côté du pire, une histoire confuse entre les grands fondateurs – respectivement Charles Darwin et Andrew T. Still – et les dérives des concepts majeurs : évolution, adaptation, forme, fonction, structure … Autre similitude, les relations souvent difficile avec la médecine, notamment autour du concept de pathologique et de normal, de variation et, in fine, de compréhension de ce qu’est la nature.

Les théories de l’évolution se composent d’un vaste corpus de disciplines scientifiques qui s’intéressent à l’histoire et à la transformation des espèces. Elles s’appuient sur une double épistémologie : celles des sciences historiques (paléontologie) et celles des sciences dites « dures » (biologie). Ce qui les différentie des sciences de la matière comme la physique et la chimie, c’est qu’il n’y a pas de « loi », mais des mécanismes qui sont contraints par l’histoire : les contraintes phylogénétiques. Ainsi, tout ce qui touche à l’adaptation et tout ce qui concerne la morphologie – la taille et de la forme – ne peut pas se comprendre hors d’un cadre phylogénétique ; c’est le triangle de Seilacher. Il n’existe pas de morphologie idéale, mais les meilleures formes possibles selon l’histoire des espèces et les structures qui en sont issues (facteurs internes) et l’environnement (facteurs externes).

@dm1nLe paléoanthropologue l’ostéopathie et l’évolution